L'essentiel en 4 points
- Le bouton d'origine dit « Commander ». L'article L221-14 exige « commande avec obligation de paiement » ou une formule aussi claire : le libellé se change dans le bloc Actions de la page Validation de la commande.
- Les CGV s'acceptent d'origine par une simple phrase. L'option « Exiger une case à cocher » du bloc des conditions ajoute une vraie case, que le client doit cocher pour commander.
- Sans serveur d'envoi, WooCommerce n'envoie aucun e-mail et le note seulement dans la commande. Branche un SMTP avant d'ouvrir.
- Depuis le 19 juin 2026, un site marchand propose une fonction de rétractation en ligne. WooCommerce 11.1 en fournit une, désactivée d'origine, liée nulle part, et qui échoue tant que les e-mails ne partent pas.
6.1Le panier et la commande, en blocs
Sur une boutique installée en 2026, le panier et la commande sont des pages construites avec des blocs. Tu les ouvres dans l'éditeur comme n'importe quelle page, et chaque morceau (les champs d'adresse, le choix de livraison, le paiement, les conditions, le bouton) est un bloc que tu peux sélectionner et régler.
Au labo, le parcours d'origine ressemblait à ça. Le panier listait les produits, un champ « Ajouter des codes promo », les totaux et le détail de la TVA (« Inclut 3,46 € TVA, 0,99 € TVA 5,5 % »), puis un bouton « Valider la commande ». La page de commande, elle, perdait le menu du site : juste le nom de la boutique et l'icône du panier, pour ne pas distraire l'acheteur.
Les champs demandés à un invité : l'e-mail, le pays, le prénom, le nom, l'adresse, le code postal, la ville, et un téléphone facultatif. Une case « Utiliser la même adresse pour la facturation », cochée d'origine. Puis la livraison, le paiement, une note de commande facultative, et en bas, une phrase sur les conditions et le bouton.
C'est ce bas de page qui nous intéresse.
6.2Le bouton « Commander » ne suffit pas
Le bouton d'origine dit « Commander ». C'est court, c'est clair… et ce n'est pas ce que demande le Code de la consommation. L'article L221-14 est précis : « la fonction utilisée par le consommateur pour valider sa commande comporte la mention claire et lisible : commande avec obligation de paiement ou une formule analogue, dénuée de toute ambiguïté, indiquant que la passation d'une commande oblige à son paiement. »
Et la conséquence n'est pas une simple remarque. La fiche de la DGCCRF sur l'e-commerce l'écrit en toutes lettres : « Le bouton dédié à la confirmation de la commande devra comporter, à peine de nullité, la mention « commande avec obligation de paiement » ou toute formule analogue dénuée de toute ambiguïté. »
« Commander » dit-il clairement que la commande oblige à payer ? Je te laisse juge, mais moi je ne prendrais pas le risque, d'autant que la correction prend trente secondes : Pages > Validation de la commande, ouvre-la dans l'éditeur, clique sur le bouton du bas (c'est le bloc « Actions » de la commande), et tape ton libellé directement dedans. Au labo, on a mis le texte de la loi, mot pour mot.

6.3Les CGV : une phrase ou une case ?
Avec une page de CGV déclarée (on l'a fait au chapitre 3), la commande d'origine affiche une phrase au-dessus du bouton : « En continuant vos achats, vous acceptez nos Conditions générales et notre Politique de confidentialité ». Pas de case. L'acceptation se fait en cliquant sur le bouton.
Détail au passage : au labo, seul « Conditions générales » était un lien. « Politique de confidentialité » restait du texte simple, parce que la page de confidentialité de WordPress était encore un brouillon. Publie-la.
Le bloc qui affiche cette phrase (il s'appelle encore « Terms and Conditions », en anglais, dans l'éditeur) a une option qui change tout : « Exiger une case à cocher ». Au labo, une fois l'option activée, la case est apparue, et un clic sur le bouton sans la cocher a affiché : « Vous devez accepter nos Conditions générales et notre Politique de confidentialité pour continuer vos achats. Veuillez lire et accepter les conditions d'utilisation. »
6.4La page « Commande reçue »
Après le clic, le client arrive sur la confirmation : « Commande reçue. Merci. Votre commande a été reçue. » Numéro, date, total, e-mail, moyen de paiement, le détail des produits avec la TVA, et les deux adresses.

Deux constats du labo. L'adresse de la page reste en anglais même dans une boutique française, /commander/order-received/24/, suivie d'une clé. Et WooCommerce la marque en noindex : elle n'a rien à faire dans Google, c'est bien.
6.5Les e-mails : sans serveur d'envoi, rien ne part
Notre labo, comme beaucoup de petits hébergements mal réglés, n'avait aucun moyen d'envoyer un e-mail. WooCommerce n'a affiché aucune erreur au client. Il a simplement ajouté une note dans la commande : « Échec de l'envoi « Nouvelle commande » : Impossible d'instancier la fonction mail. » Et pareil pour l'e-mail du client.
Autrement dit, ta boutique prend la commande, et ni toi ni ton client n'êtes prévenus. L'écran WooCommerce > Réglages > E-mails le dit d'ailleurs lui-même, en haut de page : WooCommerce recommande « de connecter votre adresse e-mail à votre domaine et de configurer un serveur SMTP dédié ».
On a donc branché le labo sur un serveur d'envoi (un serveur SMTP local, qui garde les messages sans les expédier). À la commande suivante, deux e-mails sont partis : « Vous avez une nouvelle commande n°30 » pour la boutique, et « Votre commande sur Labo Boutique Inside da WeB a été reçue » pour le client.

Testé au labo : les e-mails, avec et sans serveur d'envoi
- Sans serveur : aucun e-mail, une note « Échec de l'envoi » par message dans la commande, aucun message d'erreur pour le client.
- Avec un serveur SMTP : e-mail « nouvelle commande » à la boutique et e-mail de confirmation au client, à chaque commande.
- Commande par chèque : l'e-mail client dit « elle est actuellement en attente jusqu'à confirmation du traitement de votre paiement ».
- Commande par virement avec un IBAN saisi : l'e-mail client contient les coordonnées bancaires.
Pour ton site, c'est souvent une extension d'envoi SMTP, branchée sur la messagerie de ton nom de domaine ou sur un service d'envoi. Teste-la avec une vraie commande, et vérifie que le message n'arrive pas en indésirables. Le dossier Mailchimp détaille ce qui fait arriver un e-mail en boîte de réception.
6.6La rétractation en ligne, obligatoire depuis le 19 juin 2026
Nouveau en 2026
Depuis le 19 juin 2026, un site marchand doit proposer à ses clients un moyen de se rétracter en ligne, pendant tout le délai de rétractation. C'est l'effet de la directive (UE) 2023/2673, et de sa transposition dans le Code de la consommation.
Le texte européen, l'article 11 bis de la directive 2023/2673, décrit précisément cette « fonction de rétractation » : elle porte « les mots “renoncer au contrat ici” ou une formule analogue dénuée d'ambiguïté », elle « est disponible en permanence pendant toute la durée du délai de rétractation », et une fois la rétractation confirmée, le professionnel envoie au consommateur un accusé de réception sur un support durable, avec la date et l'heure.
En France, c'est l'article L221-21 du Code de la consommation, en vigueur depuis le 19 juin 2026 : « Pour les contrats conclus à distance au moyen d'une interface en ligne, le professionnel met à la disposition du consommateur, sans frais pour ce dernier, une fonctionnalité lui permettant d'exercer gratuitement son droit de rétractation avant l'expiration du délai prévu à l'article L. 221-18. » Et l'article D221-5 fixe les mots : « renoncer au contrat ici » pour la fonction, « confirmer la rétractation » pour l'étape de confirmation.
Ce que fait WooCommerce
La documentation de WooCommerce présente la rétractation de commande comme disponible depuis la version 11.1, sortie le 1er septembre 2026. Elle précise plusieurs choses importantes : la fonction est désactivée par défaut, une demande ne change ni l'état de la commande ni le remboursement, et la fonction elle-même ne garantit pas ta conformité.
On l'a activée au labo : WooCommerce > Réglages > Avancé > Fonctionnalités, case « Rétractation de commande ». Un formulaire public est apparu à l'adresse /mon-compte/withdraw-order/, accessible sans être connecté.
Testé au labo : une rétractation de bout en bout
- Le formulaire s'intitule « Se rétracter du contrat » et précise « Vous n'avez pas besoin de fournir de motif. » Champs : prénom, nom, e-mail (deux fois), numéro de commande, « La totalité de la commande » ou « Certains articles uniquement », informations facultatives.
- Le bouton de la première étape dit « Continuer pour donner un avis » : une erreur de traduction, il mène en fait à la vérification.
- La deuxième étape, « Vérifier et confirmer », récapitule la demande. Son bouton dit « Confirmer la rétractation », les mots exigés par l'article D221-5.
- Sans serveur d'envoi d'e-mails : « Nous n'avons pas pu envoyer votre demande de rétractation. » La demande échoue.
- Avec un serveur SMTP : « Votre demande de rétractation a été envoyée. » Note dans la commande, e-mail d'accusé de réception au client (avec la date et l'heure d'envoi), e-mail d'alerte à la boutique. La commande reste « En attente » : le remboursement est à faire à la main.


Ce qu'il te reste à faire
Activer la fonction ne suffit pas. Trois choses manquent après le clic :
- Le lien. WooCommerce l'écrit dans son billet de présentation de la 11.1 : la page n'est liée nulle part par défaut. Or la loi demande une fonction « affichée sur l'interface en ligne de manière visible ». Ajoute un lien bien visible, par exemple dans le pied de page de ta boutique et dans tes e-mails de commande, avec les mots « Renoncer au contrat ici ».
- Les e-mails. Sans eux, la fonction échoue, on l'a vu. C'est une raison de plus de brancher ton SMTP avant d'ouvrir.
- Le délai. Selon sa documentation, WooCommerce calcule son avertissement des 14 jours à partir de la date de la commande, faute de connaître la date de livraison. Pour un bien, la loi fait courir le délai à partir de la réception. Ne refuse donc pas une demande sur la seule foi de cet avertissement.
La boutique est réglée, la commande est propre. Il est temps de regarder ce que WooCommerce coûte à ton site en vitesse et en cookies : c'est le chapitre 7.
Sources
- Légifrance : article L221-14 du Code de la consommation (bouton de commande)
- DGCCRF : e-commerce, les règles entre professionnels et consommateurs
- Légifrance : article L221-21 du Code de la consommation (fonctionnalité de rétractation)
- Légifrance : article D221-5 du Code de la consommation (« renoncer au contrat ici »)
- EUR-Lex : directive (UE) 2023/2673, article 11 bis
- WooCommerce : la rétractation de commande (Customer Order Withdrawal)
- WooCommerce 11.1 : notes de version
- WooCommerce : personnaliser le panier et la commande
Historique de ce chapitre
- 19 octobre 2026 : première version, parcours de commande et rétractation testés sur WooCommerce 11.2.1.

Co-fondateur de Kōeki · Consultant SEO et IA
Sébastien Grillot
Consultant SEO depuis 2009 : c'est ici, sur Inside da WeB, qu'il a monté sa première agence, spécialisée dans l'e-commerce sous WordPress. Depuis 2021, il accompagne les e-commerçants avec Kōeki.



