L'essentiel en 5 points
- Les mots ont changé : une liste est devenue une audience, un autorépondeur un flux d'automatisation, et l'interface existe en français.
- Le plan gratuit n'a plus rien à voir avec 2011 : 250 contacts, 500 envois par mois, 250 par jour, une seule audience et pas d'automatisation.
- Quatre offres : Free, Essentials, Standard et Premium. Le prix dépend du nombre de contacts, pas du nombre d'envois.
- Les désabonnés comptent dans ta facture. Les contacts archivés, eux, ne comptent pas : c'est la première économie à faire.
- Mailchimp n'est plus le choix évident qu'il était en 2011, mais il reste un outil solide si tu sais ce que tu paies.
Je vais te faire une confidence. Quand j'ai rouvert mon compte Mailchimp pour écrire ce dossier, j'ai cherché pendant un bon moment le menu « Lists ». Celui que je décrivais en 2011, avec son gros bouton « Create List ». Il n'existe plus. Pas déplacé : disparu. Le mot lui-même a disparu.
C'est le premier piège quand tu reviens sur Mailchimp après quelques années, ou quand tu suis un vieux tutoriel (le mien compris) : tout a été renommé. Alors avant de régler quoi que ce soit, on fait le point sur ce qui a changé. Et on parle d'argent, parce que c'est là que la différence avec 2011 est la plus brutale.
1.1Ce qui a changé depuis mes premiers guides
Ce que j'écrivais en 2011
« Simple, puissant, fiable et avec des tarifs intéressants. » Mailchimp était gratuit jusqu'à 2 000 membres, quel que soit le nombre d'envois, en échange d'un petit badge en pied de page. Son seul défaut pour nous : une interface d'administration disponible uniquement dans la langue de Shakespeare.
Le défaut de 2011 a été corrigé. Mailchimp existe aujourd'hui en six langues : anglais, espagnol, français, portugais, allemand et italien. L'interface, le centre d'aide et l'application mobile. Tu choisis ta langue depuis l'icône de ton profil, et c'est réglé. Toute la partie de mon guide de 2012 qui t'expliquait comment survivre dans une interface en anglais peut partir à la poubelle, et franchement, tant mieux.
Ce qui a changé, surtout, ce sont les mots. Voici le petit dictionnaire qui t'évitera de chercher pendant dix minutes comme moi :
| En 2011, je disais | En 2026, l'interface dit | Ce que c'est |
|---|---|---|
| Liste (List) | Audience | Ta base de contacts, avec ses champs et ses réglages |
| Abonné (subscriber) | Contact | Une personne de l'audience, abonnée ou non |
| Groupe d'intérêts | Groupe | Les contacts qui ont coché la même case dans un formulaire |
| Segment | Segment | Un filtre enregistré, qui se met à jour tout seul |
| n'existait pas | Balise | Une étiquette que tu poses toi-même sur un contact |
| Autoresponder | Flux d'automatisation | Une suite d'actions déclenchée par un événement |
| Template | Modèle | La mise en page d'un e-mail |
| Campagne régulière | E-mail standard | Un envoi unique, à une audience ou un segment |
Et il y a tout ce qui n'existait pas du tout. Les SMS, avec leur pastille « Nouveau » dans le menu. Un « Site Web », pour créer des pages directement dans Mailchimp. De l'IA à presque tous les étages : pour écrire un objet, générer un e-mail, proposer des optimisations. Et des « prédictions » sur tes contacts, dont certaines sont d'ailleurs déjà en train de disparaître (on en reparle au chapitre 8).
Dernier changement, plus discret : Mailchimp appartient à Intuit depuis 2021. L'entreprise qui fait la comptabilité de millions de petites boîtes américaines. Ça explique pas mal de choses sur la direction prise depuis : Mailchimp ne veut plus être seulement un outil de newsletter, il veut être l'outil marketing complet des petites entreprises.
1.2Le plan gratuit n'est plus celui de 2011
C'est le changement qui fait le plus mal. En 2011, je pouvais t'écrire sans mentir que Mailchimp était gratuit jusqu'à 2 000 membres. En 2013, j'écrivais même que « même avec une base de 250 abonnés, vous pourriez être surpris des retours ». Ironie du sort : 250, c'est aujourd'hui le plafond du plan gratuit.
Voici ce que contient le plan Free au 17 octobre 2026, d'après la page tarifs de Mailchimp et son aide :
- 250 contacts au maximum ;
- 500 envois par mois, avec une limite de 250 par jour ;
- une seule audience et un seul utilisateur ;
- un nombre limité de modèles d'e-mails et des rapports de base ;
- pas de flux d'automatisation : la page tarifs les indique « Non inclus ».
Retiens bien la dernière ligne. Si ton projet repose sur un e-mail de bienvenue automatique, une relance de panier abandonné ou une série d'e-mails après l'inscription, le plan gratuit ne te suffira pas. Et quand tu dépasses une limite sur le plan gratuit, Mailchimp ne te facture rien : il met tes envois en pause.
Petit détail historique : plusieurs sites spécialisés datent le passage de 500 à 250 contacts du début de l'année 2026, en janvier ou en février selon les sources. Je n'ai pas trouvé de page de Mailchimp qui donne la date exacte, donc je ne te la donne pas comme un fait. Ce qui est sûr, c'est ce que dit la page tarifs aujourd'hui.
1.3Les quatre offres, et ce que tu paies vraiment
Au-dessus du gratuit, il y a trois offres payantes : Essentials, Standard et Premium. Il existe aussi une option de paiement à l'envoi, à part.
| Free | Essentials | Standard | Premium | |
|---|---|---|---|---|
| Audiences | 1 | 3 | 5 | illimitées |
| Envois par mois | 500 | 10 × tes contacts | 12 × tes contacts | 15 × tes contacts |
| Flux d'automatisation | non | jusqu'à 4 étapes | jusqu'à 200 étapes | jusqu'à 200 étapes |
| Plusieurs déclencheurs | non | non | jusqu'à 3 | jusqu'à 3 |
| Prix d'entrée affiché | 0 € | 11,72 €/mois | 18,03 €/mois | 315,59 €/mois |
Les prix sont ceux de la page tarifs en français, en euros, pour le plus petit palier de contacts, avec la mention « pour 12 mois ». Ils grimpent avec le nombre de contacts. Vérifie-les le jour où tu t'abonnes : ils bougent, et les promotions aussi.
Le point le plus important de ce tableau n'est pas dans les colonnes. C'est la façon dont Mailchimp compte. Tu paies selon le nombre de contacts de ton compte, pas selon le nombre d'e-mails que tu envoies. Et c'est là que beaucoup de gens se font avoir.
Les désabonnés te coûtent de l'argent
D'après l'aide de Mailchimp, sont comptés dans ta facture les contacts abonnés, mais aussi les désabonnés et les non-abonnés. Ne sont pas comptés : les contacts archivés, nettoyés (Mailchimp retire lui-même les adresses qui rebondissent définitivement) et supprimés.
Tu vois le problème ? Une personne qui se désabonne de ta newsletter continue de te coûter de l'argent tant qu'elle est dans ton audience. Sur une base de quelques centaines de contacts, ça ne change rien. Sur une base de plusieurs milliers, avec des années de désabonnements accumulés, ça peut te faire changer de palier.
La solution, c'est l'archivage. Un contact archivé sort de la facture, mais son historique est conservé. On voit comment faire proprement au chapitre 3.
Une audience de plus, c'est un contact compté deux fois
Autre règle de facturation, que Mailchimp explique lui-même : les audiences ne partagent pas leurs données. Une même personne inscrite dans deux audiences compte pour deux contacts. Et Mailchimp le dit noir sur blanc : il recommande d'utiliser une seule audience principale, organisée avec des balises et des segments.
Je dis ça, mais mon compte en a six. On va en reparler, et je vais te montrer pourquoi c'est une mauvaise idée.
1.4Faire le tour du compte
Allez, on ouvre le compte. Voici le menu de gauche, tel qu'il s'affiche en octobre 2026, avec ce que tu trouves derrière chaque entrée :
- Créer : le bouton pour tout démarrer, e-mail, flux, formulaire, page.
- Accueil : le tableau de bord, avec des recommandations (souvent des incitations à passer à une offre supérieure, soyons francs).
- Campagnes : tes e-mails envoyés, programmés et en brouillon, et les modèles d'e-mails.
- Automatisations : tes flux. C'est le chapitre 6.
- SMS : les envois de SMS, une nouveauté.
- Formulaires : les formulaires d'inscription, pop-ups et pages d'inscription. C'est le chapitre 4.
- Audience : tes contacts, balises, segments, champs. C'est le chapitre 3.
- Analyses : les rapports et tableaux de bord. C'est le chapitre 8.
- Site Web et Contenu : les pages hébergées par Mailchimp, et ta bibliothèque d'images.
- Intégrations : les connexions avec ta boutique, ton WordPress et les autres outils.
Et les réglages du compte lui-même, ceux qu'on va faire au chapitre suivant ? Ils ne sont pas dans ce menu. Ils sont cachés derrière ton icône de profil, en haut à droite. Tu cliques, tu choisis ton compte, et tu arrives sur une page avec ses onglets : Aperçu, Paramètres, Facturation, Domaines, Extras, Intégrations.
Mon compte, en vrai
Pour que tu voies à quoi ressemble un compte qui a vécu, voici la page des audiences du mien.

Six audiences. La première, « none List », date du 1er septembre 2009 à 8 h 34, et elle a encore 8 contacts. « WP Freemium fr » et « WP Freemium EN », de 2012, servaient à une newsletter sur les thèmes et extensions WordPress, une en français et une en anglais. « Pull moche », créée en septembre 2018, compte 645 contacts. Et « Koeki », la plus récente, date de 2022.
Ce qui saute aux yeux, c'est que ces audiences ne se parlent pas. Si une même personne s'est inscrite à WP Freemium et au Pull Moche, elle existe deux fois, et elle compte deux fois. Et pour lui envoyer un seul message, il faut que je sache dans quelle audience la chercher.
1.5Mailchimp, toujours le bon choix ?
En 2011, j'écrivais : « Pourquoi chercher plus loin ? ». Et je précisais déjà que je n'avais pas testé tous les outils du marché, juste que Mailchimp avait ma préférence. Je ne vais pas te dire en 2026 que Mailchimp est le meilleur outil d'emailing, parce que je ne les ai pas tous passés au crible, et que ça dépend beaucoup de ton projet.
Ce que je peux te dire, c'est ce qui a changé dans la balance :
- Ce qui joue pour Mailchimp : il est partout. Presque tous les outils du web savent s'y connecter, WordPress et WooCommerce en tête, avec une extension officielle. L'éditeur est agréable, les modèles nombreux, et l'aide est très fournie.
- Ce qui joue contre lui : le plan gratuit a fondu, les automatisations demandent une offre payante, et la facturation au contact pénalise les grosses bases mal entretenues. Il existe aussi des alternatives européennes, comme Brevo (l'ancien Sendinblue), qui intéresseront ceux qui préfèrent travailler avec une entreprise européenne.
Mon avis ? Si tu as déjà un compte Mailchimp qui tourne, il n'y a aucune raison de fuir : règle-le bien, et ce dossier est fait pour ça. Si tu pars de zéro, compare au moins deux outils sur ton cas réel, avec ton nombre de contacts et les automatisations dont tu as besoin. Et quel que soit ton choix, les chapitres sur le consentement, la délivrabilité et les chiffres valent pour tous les outils.
Allez, on passe aux réglages. Et on commence par une erreur que je traîne depuis 2012.
Sources
Historique de ce chapitre
- 17 décembre 2011 : « MailChimp, les listes », premiers pas.
- 17 octobre 2026 : réécrit : nouvelles offres, nouveau vocabulaire, visite du compte en 2026.

Co-fondateur de Kōeki · Consultant SEO et IA
Sébastien Grillot
Consultant SEO depuis 2009 : c'est ici, sur Inside da WeB, qu'il a monté sa première agence, spécialisée dans l'e-commerce sous WordPress. Il envoie des e-mails avec Mailchimp depuis 2009, et il a écrit ici ses premiers guides en 2011.
